Construire une maison paracyclonique à La Réunion
Par LTBOI · sources relues le
L’essentiel : À La Réunion, une maison doit être conçue pour résister aux vents cycloniques : structure chaînée, charpente ancrée dans le béton armé, couverture et menuiseries dimensionnées pour la pression du vent. Un arrêté propre à La Réunion et à Mayotte prépare des exigences réglementaires détaillées ; les guides techniques du CSTB décrivent déjà les dispositions à appliquer aux maisons individuelles.
Où en est la réglementation
Un décret du 23 novembre 2023 a fixé le principe de règles de construction paracycloniques pour les départements d’Outre-mer exposés aux cyclones. Pour la Guadeloupe et la Martinique, l’arrêté d’application est paru le 5 juillet 2024. Pour La Réunion et Mayotte, un projet d’arrêté a été soumis à consultation publique du 18 août au 7 septembre 2025.
Au 15 octobre 2026, nous n’avons pas trouvé la publication de l’arrêté définitif pour La Réunion : avant de déposer un permis, renseignez-vous auprès de la DEAL ou de votre architecte sur les règles en vigueur à la date du dépôt. En attendant, le CSTB a publié deux guides de référence : un guide d’application des exigences réglementaires pour La Réunion et Mayotte, et un guide de conception et construction paracycloniques des maisons individuelles (C2PMI) pour La Réunion, daté de juillet 2025.
Le cyclone Garance, qui a frappé La Réunion le 28 février 2025, est l’un des épisodes qui ont motivé ce travail, cité en introduction du guide du CSTB.
Les travaux concernés
D’après le projet d’arrêté, tel que le résume le guide d’application du CSTB, les règles visent :
- les bâtiments neufs soumis à permis de construire ou à déclaration préalable, y compris une reconstruction après destruction ou démolition ;
- les extensions et surélévations qui augmentent de plus de 20 % la surface de plancher ou l’emprise au sol initiales ;
- les modifications lourdes de structure, par exemple la suppression de plus de 30 % de la surface de plancher d’un niveau ou de plus de 20 % du contreventement.
Ce que cela change sur le chantier
Une maison individuelle relève de la catégorie d’importance II, qui fixe la vitesse de vent de référence à prendre en compte. Concrètement, les points suivants sont décrits dans les guides du CSTB :
- Structure : murs maçonnés tenus par des chaînages verticaux (au minimum 4 barres HA10) et un chaînage horizontal continu à chaque plancher (au moins 3 cm² d’acier).
- Charpente : fixée dans les chaînages en béton armé, au centre du chaînage, avec des pièces d’assemblage (feuillards notamment) dimensionnées pour l’arrachement.
- Couverture en tôle : elle doit résister au vent de référence, et sa déformation vers le haut sous le vent est limitée (1/100ᵉ de la portée pour une maison).
- Fenêtres et portes : elles doivent résister à la pression du vent et aux chocs des objets projetés ; des volets ou panneaux de protection peuvent y contribuer.
- Chauffe-eau et panneaux solaires : leurs fixations sont elles aussi soumises à une exigence de résistance au vent.
Notre façon de faire
Nous appliquons ces dispositions sur nos chantiers de maisons neuves et d’extensions : chaînages, ancrages de charpente et fixations de couverture sont prévus dès le devis, et non ajoutés en fin de chantier. Pour un projet précis, le dimensionnement relève d’une étude de structure, que nous faisons réaliser lorsque l’ouvrage l’exige.
Nos métiers concernés
Sources
- CSTB — Guide d’application des exigences réglementaires, vents cycloniques, La Réunion et Mayotte
- CSTB — Guide C2PMI, maisons individuelles paracycloniques à La Réunion (juillet 2025)
- Consultation publique sur l’arrêté vents cycloniques La Réunion et Mayotte (2025)
- Légifrance — Arrêté du 5 juillet 2024 (Guadeloupe et Martinique)
Les règles et les montants d’aides évoluent : vérifiez-les à la date de votre projet. Ce guide informe, il ne remplace ni une étude de structure ni l’avis d’un conseiller France Rénov’.